Meuilley n’a pas de monument unique. Sa richesse est un ensemble.
Le village s’étire au fond d’une large vallée, à 280 mètres d’altitude, le long du ruisseau du Raccordon, à 16 kilomètres au nord de Beaune et 29 au sud-ouest de Dijon. Six kilomètres carrés : des vignes sur les coteaux, des pâtures dans les fonds, la forêt sur les plateaux.
L’Inventaire général du patrimoine y a recensé quarante-deux maisons vigneronnes typiques des Hautes-Côtes. C’est une architecture entièrement dictée par le travail de la vigne, et elle raconte à elle seule l’histoire économique du village. Le reste suit : une église du XIXe siècle, deux lavoirs le long du ruisseau, le souvenir d’une maison forte disparue, celui d’un petit train, et un territoire entièrement classé en zone de protection européenne.
Les maisons vigneronnes
C’est le vrai trésor de Meuilley, et le plus discret : quarante-deux maisons typiques des Hautes-Côtes recensées dans le village par l’Inventaire général du patrimoine.
Le principe est toujours le même, et il est dicté par la vigne. Le cellier occupe le rez-de-chaussée, de plain-pied avec la rue pour rentrer les tonneaux. Le logis est à l’étage, au-dessus, à l’abri de l’humidité et des vapeurs de fermentation. On y monte par un escalier extérieur en pierre, qui donne à ces maisons leur silhouette caractéristique.
Le village est bâti en îlots, entre la Grande Rue et la départementale, avec des rues secondaires qui descendent du nord au sud. En les remontant, exercez-vous à repérer la porte de cave large et basse, l’escalier sur le côté, la petite terrasse en haut des marches. Une fois qu’on a l’œil, on ne voit plus que ça.
Source : Inventaire général du patrimoine culturel, notice IA21005333 (Région Bourgogne, Association pour les Climats de Bourgogne, GRAHAL).
L’église Saint-Léger
L’église actuelle est postérieure à 1827. Elle est bâtie sur un plan basilical et porte une tour-clocher qu’on repère de loin dans la vallée.
Avec la place de la Mairie, elle forme le centre du village. La mairie elle-même est un édifice du XIXe siècle, de plan rectangulaire, sur rez-de-chaussée et deux étages : les deux bâtiments publics du village datent donc du même siècle, celui où Meuilley s’est donné sa physionomie actuelle.
Source : Inventaire général du patrimoine culturel, notice IA21005333. Le vocable de saint Léger repose sur une source unique : il est en cours de confirmation auprès de la paroisse.
Les deux lavoirs du Raccordon
Deux lavoirs anciens bordent le Raccordon, le ruisseau qui traverse le village. Le site de la commune les nomme le lavoir de Vianne et le lavoir du pont Neuf.
Avant l’eau courante, c’est ici que se lavait le linge de tout le village. Le lavoir était un lieu de travail dur — à genoux sur une planche, les mains dans l’eau froide, l’hiver compris. C’était aussi le seul lieu de sociabilité qui appartenait aux femmes, et les nouvelles y circulaient bien avant d’arriver au café.
Ce sont aujourd’hui deux points d’eau tranquilles, et deux bons endroits pour s’arrêter le long du ruisseau.
Sources : Inventaire général du patrimoine culturel, notice IA21005333, pour l’existence des deux lavoirs ; site de la commune, www.meuilley.fr, pour leurs noms. Leur date de construction et leur histoire restent à documenter.
La maison forte disparue
Il n’en reste rien, ou presque. Meuilley a eu une maison forte du XVe siècle, avec une enceinte quadrangulaire flanquée de tours carrées. Seul le nom de la rue du Château en garde aujourd’hui la trace.
Une autre version circule, portée par l’office de tourisme : un château bâti en 1561 par Jehan de Damas sur les ruines d’une forteresse antérieure, démoli en 1834. Les deux récits sont conciliables — une maison forte médiévale reconstruite à la Renaissance — mais ils ne disent pas la même chose, et rien ne permet pour l’instant de trancher. Nous préférons le dire plutôt que de choisir au hasard.
Après une démolition, la pierre ne disparaît pas : elle se retrouve dans les murs du village. Si vous savez quelle façade en porte encore un morceau, écrivez-nous — c’est le genre de détail qui ne se trouve dans aucune archive.
Sources : Inventaire général et notice communale, pour la maison forte du XVe siècle ; office de tourisme Gevrey-Chambertin Nuits-Saint-Georges, pour la version de 1561. Arbitrage à faire aux Archives départementales de la Côte-d’Or.
La gare du tacot
Au début du XXe siècle, un petit train à voie étroite que tout le monde appelait le tacot desservait les villages des Hautes-Côtes, entre Dijon et Beaune, sur une soixantaine de kilomètres de voies. Il transportait le vin, le bois, les marchandises et les voyageurs.
Meuilley avait sa gare. Comme partout en France, la ligne a été supprimée dans les années 1930, emportée par l’automobile et le camion — le service aurait cessé en 1936.
Le bâtiment, lui, est toujours là : il a été transformé en habitation.
Source : office de tourisme Gevrey-Chambertin Nuits-Saint-Georges. Les dates exactes d’ouverture et de fermeture de la ligne restent à confirmer.
La vallée du Raccordon
Le Raccordon traverse le village. Il fait 7,9 kilomètres et se jette dans le Meuzin, qui traverse lui aussi le territoire communal avant de descendre vers Nuits-Saint-Georges. Le Meuzin rejoint la Dheune à Palleau, la Dheune rejoint la Saône : depuis le lavoir, l’eau de Meuilley met le cap sur le Rhône.
Le paysage est un damier, et il est le produit direct de siècles de travail agricole : la vigne sur les coteaux bien exposés, les pâtures dans les fonds humides, la forêt sur les plateaux et dans les combes. Les terres agricoles occupent un peu plus de la moitié de la commune, la forêt un peu plus de quatre dixièmes.
La qualité de l’eau du Raccordon est suivie par une station de mesure installée sur la commune.
Sources : Inventaire général du patrimoine culturel, notice IA21005333 ; réseau hydrographique du bassin Rhône-Méditerranée (station « Raccordon à Meuilley 2 ») ; Corine Land Cover pour l’occupation du sol.
Un village entièrement en Natura 2000
C’est le fait le moins connu et le plus considérable : l’intégralité du territoire de Meuilley est incluse dans une zone de protection spéciale européenne, le site Natura 2000 « Arrière-Côte de Dijon et de Beaune ». Pas une parcelle, pas un versant : les 619 hectares de la commune.
Le site couvre 60 661 hectares et 85 communes, de Velars-sur-Ouche au nord jusqu’à Nolay au sud. Il a été désigné au titre de la directive européenne sur les oiseaux, et il est animé par la communauté de communes.
Le secteur figure aussi à l’inventaire des zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique, pour ses pelouses calcaires, ses fruticées à buis, ses hêtraies sur calcaire, ses forêts de ravins, ses éboulis et ses falaises. C’est la mosaïque de milieux des plateaux calcaires bourguignons, tantôt sèche et brûlante, tantôt froide et montagnarde à quelques centaines de mètres de là.
Quatre espèces présentes sur le secteur, à guetter le long du Raccordon et dans les haies :
- Le cincle plongeurUn oiseau trapu, posté sur une pierre au fil de l’eau, qui plonge et marche au fond du ruisseau.
- Le martin-pêcheur d’EuropeUn éclair bleu au ras de l’eau. On l’entend siffler avant de le voir.
- La pie-grièche écorcheurDans les haies et les pâtures, en été. Elle empale ses proies sur les épines : d’où son nom.
- Les milans, royal et noirEn vol au-dessus de la vallée, queue échancrée. Les plus faciles à observer, sans matériel.
Sources : document d’objectifs du site Natura 2000 « Arrière-Côte de Dijon et de Beaune » (FR2612001) ; fiche ZNIEFF 260014997 « Côte et arrière-côte de Dijon », Inventaire national du patrimoine naturel. Ces espèces sont recensées à l’échelle du site : les rencontrer à Meuilley demande un peu de patience et beaucoup de silence.
La grenouille
La grenouille est l’emblème de Meuilley. Le foyer rural s’appelle « Les Grenouilles de Meuilley », et l’ancienne épicerie de la Grande Rue portait pour enseigne « La Rainette ».
Une légende locale en donne l’origine : des grenouilles rousses auraient sauvé de la noyade un homme du village. L’histoire tient en trois lignes sur les documents touristiques — c’est bien peu pour un emblème que tout le monde porte.
Un village avec un ruisseau, deux lavoirs et une grenouille sur ses enseignes, ce n’est pas un hasard. Mais les sobriquets et les emblèmes se transmettent de bouche à oreille, et ils disparaissent avec ceux qui les connaissent.
Si vous connaissez la vraie version, elle a sa place ici. C’est la seule page de cette application que les habitants peuvent écrire mieux que nous.
Sources : emblème confirmé par la commune ; office de tourisme Gevrey-Chambertin Nuits-Saint-Georges pour la légende. Récit à recueillir auprès du foyer rural et des anciens du village.
À voir aux alentours
Meuilley ne s’attribue pas ce qui appartient à ses voisins — mais tout est à portée de voiture.
La butte de Vergy et les ruines de l’abbaye Saint-Vivant, dans les bois, à quelques kilomètres au nord.
Nuits-Saint-Georges et la Côte de Nuits, à six kilomètres.
Les Climats du vignoble de Bourgogne, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2015. Le bien inscrit couvre les parcelles de la Côte, en contrebas ; Meuilley est dans les Hautes-Côtes, l’arrière-pays plus haut, plus frais et plus tardif — et c’est au titre de la campagne d’inventaire sur les Climats que le village a été étudié.